Poulpes je vous en supplie !

cultures en friche et dessins pesticides pour quotidien en jachère. Par Hildegarde Laszak

13 mai 2008

Du bonheur pour tous ?

Pour ceux qui ratent tout Par celle qui rate tout. L’humain est un mammifère formidable. Son optimisme forcené depuis des millénaires avec le recul ferait presque penser à une stupidité bien réelle. Avant, et encore aujourd’hui dans quelques pays, la notion de ‘Dieu’ prévalait sur toutes les autres. Puis celle de ‘bonheur’ est arrivée, et s’est rapidement dissociée de celle d’une quelconque foi. Peu importe le prix à payer, en vies ou en monnaies, le bonheur, l’épanouissement personnel, est devenu la quête principale de tout un hémisphère. Certaines choses amènent directement au bonheur le plus absolu : le iPhone, une grosse voiture neuve, ou encore faire un enfant. Il est vrai que toutes les rangements cachés du Cayenne, les touches tactiles du teléphone ou encore la conception d’un enfant sont des activités indéniablement jouissives. Malheureusement, un enfant n’est pas un véritable choix ; il est la simple conséquence d’un atavisme incontrolable, d’un instinct de reproduction primaire, comparable à la frénésique production sexuelle des souris ou des porcs. Comme la majorité de la population, je ne rêve que vider mon salaire d’esclave du tertiaire en couches conforts et d’admirer les pleurs nocturnes apocalyptiques de mon rejeton. Je suis à l’age ou les soirées entre amis délaissent petit à petit les rhums flambés et les vodkas frappées pour lancer des discussions sur le mariage (ou non), les enfants (ou non), et l’avenir de manière plus générale. Mais une fois le sujet abordé, il y a toujours quelqu’un pour rouvrir une bouteille, et rouler un joint. Voire deux. Et lorsque le pétard est fini et le rouge vidé, c’est le space cake, les champignons hallucinogènes, les bangs ou le LSD qui terminent sur nos langues. Une défonce accessible à tous à moindre frais qui semble témoigner du léger malaise existentiel des 18-30 ans, comme les traces d’une crise d’adolescente persistante. A croire que la plupart d’entre nous serait terrifié par un avenir professionnel inexistant, un futur sentimental chaotique entre gardes altérnées et pensions mal versées, une vie d’adulte vascillante entre loyers inaccessibles, rêves intouchables et maladies sexuellement mortelles. Le bonheur régulièrement promis à tous (1789, 1900, 1968, 2007 puisqu’ « ensemble, tout est possible ») prend soudain des airs de comptine fantômatique, à l’heure ou se profile une famine quasi-mondiale et une crise économique inévitable. Il est sûr que faire des enfants reste le meilleur moyen de se faire plaisir, mais l’optique de les imaginer se défoncer autant que nous pour éviter de pleurer sur un monde en friche et un indivudualisme creux, sur des parents incapables de s’aimer plus que deux ans de suite me donne seulement envie de placer l’argent de mon livret A chez Durex et Trinordiol. Parce qu’ensemble, tout est possible, surtout le pire.

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26 décembre 2007

Bonnes fêtes ?

La Chronique des Aigris

Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout

Cette année, je n’ai pas été gentille. J’ai beaucoup critiqué les Américains, et je n’ai toujours pas bu de Coca-Cola. C’est peut être parce que j’ai renié ses origines que le Père Noël n’est pas passé.

Je croyais qu’on fêtait l’anniversaire de celui que tout le monde connaît sans jamais l’avoir vu. D’un mec né il y a deux mille ans qui avait payé de sa vie pour que nous pêchions tranquilles.

J’ai suivi l’idée à la lettre ; je n’ai rien donné aux enfants de Don Quichotte (d’ailleurs, pour s’appeler comme ça, c’est qu’ils n’avaient pas bien compris l’idée du personnage), j’ai répondu à ceux qui défendent Médecins sans Frontière que personne ne m’aidait à financer mon Humex Rhume. Je les ai vu s’insurger, les bénévoles, je les écouter me dire que j’avais rien compris à l’esprit de Noël.

La générosité au moment de Noël, ce sont surtout les magasins qui en font preuves ; ils rajoutent plein de chiffres sur les prix et sont encore moins aimables que d’habitude. Et je n’ai fait de cadeaux à personne, parce que j’ai travaillé plus pour rien gagner, ce à quoi on m’a répondu que c’était le principe des études.

Je croyais qu’on célèbrait l’esprit de famille et la générosité. Quand je vois ma mère à la limite de l’hospitalisation psychiatrique parce que la nappe n’est pas assortie aux couverts, je me pose des questions sur les raisons qui nous réunissent.

L’ambiance se tend au fur et à mesure que les bouteilles se vident, et lorsque les discussions politiques commencent, il est temps de sortir la bûche  pour détourner l’attention. 

J’ai surtout compris qu’on consomme un max en un minimum de temps, et qu’en une soirée, on bouffe autant qu’en un mois, et que aujourd’hui, je suis bien contente d’avoir survécu à l’intoxication des Bouzigues mazoutées et que si on me propose encore du foie gras, je vais croire que c’est le mien qu’on veut bouffer la semaine prochaine, tout prêt tout cuisiné, avec tout l’alcool que j’ai bu.

Je suis trop jeune pour m’immiscer dans les anecdotes philosophiques  « C’est devenu cher, la vie ». Parce qu’à table on me place avec les adolescents, qui me prennent aussi à parti « Ouais, tu connais le dernier mouvement tektonik ?», alors je me défonce à l’Oasis et je souris.

Je suis dans la tranche d’âge ou l’on ne peut boire que dans la cuisine, quand les femmes s’y retrouvent et me prennent à parti dans les discussions ‘couches & culottes’. « Eh oui, presque 25 ans, tu vas bientôt nous en faire un ! », avec un air entendu. Moi j’ai l’impression qu’elles attendent que je leur fasse un dessin.

Et là, c’est comme un geste conditionné, dès qu’on me dit ‘bébé’, mon bras attrape la première bouteille qui traîne. Donc pour le moment, rien en gestation, sauf peut être une cirrhose.

J’ai aussi résisté aux cadeaux apocalyptiques « Oh, un week-end santé prépayé, comme c’est gentil !...Quoi ? spécial cellulite ? Ah oui, c’est pour aller avec le pèse-personne de l’année dernière ? Merci Belle-Maman. »  A Noël, on apprend vite à se méfier des emballages, parce que les gros nœuds ne sont pas toujours sur les paquets au pied du sapin.

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26 novembre 2007

Ver Vers Vaire Verre Vert

La Chronique des Aigris

Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout

Il semblerai qu’en ce moment le vert soit à la mode. Apres une propagande ou Castorama et Maison Magazine s’étaient alliés pour nous faire repeindre notre maison en vert et rose parce que c’était joli, voilà que le vert envahit le reste de notre vie.

Le vert, c’est, ne l’oublions pas, un parti politique qui soulève une question essentielle : peut on diriger un pays  en étant associé à la SPA ? Evidemment non, il vaut mieux être associé à Areva (ndlr : constructeur de centrales nucléaires) comme le petit Nicolas. Dans un pays ou la gauche semble être une espèce en voie de disparition, on n’a jamais connu autant de gens écolos (envoyez vos dons au PS, pour que nos enfants ai la chance de le connaître).

Même l’état s’y met et nous bombarde de messages bienveillants, ‘manger-bouger’, ‘au moins cinq fruits et légumes par jour’… Je ne sais pas vous, mais moi, quand je me retrouve devant ma tomate espagnole et l’oignon brésilien, avec mon couteau chinois sur ma planche à découper suédoise, je me sens désuète face à des légumes (et des objets) qui ont plus voyagé que moi. La mondialisation du légume me fait frissonner, mais le légume français, lui, me fait pleurer. A 1,50€ la tomate, je mange meme la branche.

Voilà que le vert arrive comme la couleur qui serait la solution à cinquante ans de dérives productives, le petit grain de sable écolo qui a la cote auprès de la populasse, le petit grain sable vite englué par le pétrole des grosses industries, pas en retard pour comprendre que le vert, aujourd’hui, ça fait vendre.

Dans un magasin l’autre soir, j’ai vu une jolie jeune fille bourgeoise (ce n’est pas un préjugé, quand on s’habille MaxMara, on peut se prétendre bourgeois) avec ses petites cartes de crédit acheter à Pluriprix un produit pour le sol. Le produit avait sa grosse étiquette verte ‘Pluriprix Nature’, et pour trois euros et quelques, garantissait être « à base d’extraits d’essence de plante », écrit en gros. Comme en fait tout les autres produits pour le sol. Sauf que sa belle étiquette verte, et la mise en avant d’une banalité lui permettait de se faire vendre deux fois le prix d’un autre produit dit ‘classique’ et de satisfaire la conscience de la jolie jeune fille bourgeoise, qui en remuant son balais brosse se sentira concernée par l’avenir de la planète.

L’environnement est devenu, au-delà d’une cause réellement urgente, un produit marketing comme un autre. Comme la mode n’épargne personne, je tente une reconversion végétarienne, et à force de concentration, je pourrai presque dire que le tofu est un aliment délicieux. Sauf que mon tofu, nécessairement bio, c’est ni plus ni moins du soja en boule dans un paquet plastique.

Laissez moi vous racontez la petite histoire du soja, la petite graine spermatozoïdaire qui monte. Après la crise la vache folle dans les années 90, les agriculteurs français (et plus largement Européens) se sont retournés vers le soja pour son prix peu élevé. Sauf que les productions du légume n’étaient pas assez importantes pour l’élevage français, on a du trouver de nouvelles superficies pour cultiver, et parallèlement développer un soja plus costaud qui pousserait là ou on l’installerai. Et il y a un endroit dans le monde ou on travaille pour pas cher et ou c’est pas la place qui manque : l’Amazonie. Sans sombrer dans l’écologisme primaire, chaque jour la plus grande foret du monde est déboisée pour cultiver en masse un soja génétiquement modifié pour nos gentils bovins, et un soja ‘bio’ pour nos bouffeurs de graines.

Le tsunami vert  est servi à toute heure, dans un schéma manichéen presque vomitif.  La petite famille moyenne va acheter un joli salon de jardin en bois au lieu de partir en vacances, et voilà qu’on les montre du doigt comme des destructeurs de la forêt brésilienne. Pareil pour le quatre quatre acheté à crédit sur vingt ans, aaah les pollueurs ! Et celui qui n’éteint pas la lumière en sortant de la pièce sera bientôt pendu sur la place publique, avec CRS et tout le toutim. Ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter bio mangent des légumes élevés au napalm, et on les accusent de ne pas se préoccuper de la planète. 

A petit président grandes ambitions, le voilà presque adulé par les écologistes lors du fameux grenelle. Mais qu’est ce qu’un grenelle ? Dans mon Larousse du début du siècle (2003), le mot n’existe pas, et quand je cherche sur Encarta, on me sort un article sur Mai 68. Le hasard fait bien les choses.

Alors oui, la cause environnementale est devenue aujourd’hui quelque chose de nécessaire, mais son appropriation par les mêmes qui ont majoritairement tout salopé (à savoir les industries agro-alimentaires couplée à des gouvernements peu regardant) à l’échelle mondiale, et qui tente de me faire culpabiliser quand je ne trie pas mes déchets (ouah c’est mal), ça me fait doucement rire. Demain, je prévois d’ailleurs une action coup d’éclat ; je vais jeter un paquet de tabac vide dans un champ plein de pâquerettes.

Mais n’oublions pas tout de même le plus important : le vert dans une pièce donne mauvaise mine.

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05 septembre 2007

D'abord les choix, après le Bilan

La Chronique des Aigris

Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout, Hilde

Le plus dur, dans la vie, c’est le choix. Ca devient même vite pesant, puisque c’est une situation récurrente : frites ou potatoes, anglais ou espagnol, Carrefour ou Leclerc, le blond musclé ou le brun rebelle ?

Moi, j’ai décidé de ne plus faire de choix, ça simplifie beaucoup la vie, si on arrive à dépasser un certain niveau ; celui de la frustration.

Pour passer un diplôme d’art, on choisit au début de l’année un sujet que l’on doit développer, une problématique intéressante qui dure un an, sur laquelle on vous juge dix minutes. J’avais choisit de parler du corps de la femme, je n’ai pas eu mon diplôme. C’est d’ailleurs à cause de ça, en partie, que la ‘Chronique…’ existe. Bref, à ce moment là, je me suis rendue compte que mes choix n’étaient pas vraiment pertinents.

Au bar, je ne choisis pas ma bière, je prends la meme que tout le monde. Pas de bol, il se trouve qu’elle est dégueu, la bière. Pour la deuxième, j’ai la faiblesse d’en choisir une autre, au comptoir. Je la paie, je reviens à ma table, et je me rends compte que ma bière, je l’ai payé deux fois. Ca fout les glande, surtout pour une bière, surtout pour une bière de 33cl à quatre euros. Pour ce prix j’en avais douze. Ca a été mon dernier choix, j’ai dit STOP à toute décision pour éviter toute déception.

Les avantages, c’est que vous ne dites jamais ‘non’, puisque vous êtes d’accord avec tout. Vous doublez le nombre de vos amis, jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que vous vous apparentez au légume au niveau de la personnalité. Là, il n’y a plus personne, et vous manquez tellement de volonté que c’est le chien qui vous promène. Oui, parce que le chien est toujours là, et lui non plus ne voit pas très loin et ses choix se limitent à « lit ou canapé ? ».

Autre facette intéressante du  non-choix,  votre vie sexuelle, surtout si vous êtes une fille,  pourrait s’apparenter à celle de Catherine M., en moins glauque. Vous vous vantez d’avoir des nuits trépidantes à vos amis manutentionnaires,  sauf que comme vous ne choisissez pas avec qui vous couchez, ils vous prennent pour une fille ‘Kleenex’, ou pire,  une pute en promo. Quand vous vous apercevrez que vous avez couché avec la moitié de vos amis proches, arrêtez vous, sinon ça devient de l’aide humanitaire.

Vu que vous ne choisissez plus rien, votre réputation vous précède, celle de chaude, d’abord, et ensuite de rebelle pure souche, vous passer pour un punk en retard de vingt ans, tous les déchets de la rue se presse chez vous…Mais meme eux se rendent compte à un moment qu’au lieu d’un punk pur sang, vous êtes amorphe et fainéant, ils s’en vont, et choisissent de boire ou de faire la manche.

Quand ce degrés là d’indécision est atteint, quand le chien se démmerde pour sortir sans vous,  quand vous vivez parmi vos poubelles et regardez Arthur sans pouvoir choisir une boite, même pour de faux, moi je ne peux plus rien pour vous, alors appelez Evelyne Thomas.

La Chronique des Aigris

Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout

Je sens bientôt l’odeur de crème solaire des peaux rouges qui gémissent, j’entends presque le grain de sable qui roule avec ses sept milliards de copains entre l’orteil et la tong. Et moi, ces moments de fin d’année scolaire, ça me donne envie de faire le point avant de partir en vacances. Cela dit, on ne se rend pas toujours compte que l’étudiant est l’humain qui part le moins souvent en vacances, puisqu’il travaille, pour payer sa rentrée, avec la paie au noir (à croire que meme les feuilles de paie bronzent) d’un patron esclavagiste. Mais zut, la commémoration de l’esclavage, c’est en Mai. En été, exploite ce qu’il te plait.

Donc, c’est l’heure des bilans, comme un regard nostalgique sur ce qui n’est pas encore finit, à dire adieu aux copains qui s’en vont, à leur faire croire qu’ils nous manqueront, alors que niet, le tout sur un tube pop-punk-rock d’adolescents californiens, qui eux, se reverront sûrement, dans leur villa à Malibu, snifferont toute la nuit, danserons tout l’été, mouront d’une OD. Ah, l’ingratitude de la jeunesse insouciante.

Depuis que je suis seule, je ne l’ai jamais autant peu été. Depuis que mon histoire sérieuse s’est terminée, j’ai plein d’amis, plein de temps, plein d’histoires. Je me suis souvent réveillée au côté d’un homme mais rarement le meme. Une amie m’a dit ‘d’abord tu couches, après tu dis bonjour.’ Je n’ai pas compris si c’était une question ou un conseil, dans tous les cas ça marche. J’ai eu une vie sexuelle plus remplie que certains couples, et sans les embarras du quotidien. J’ai rencontré des mecs supers avec qui après on a échangés de la musique. D’autres à qui j’ai pris la tête (mais pas seulement), et d’autres encore qui m’ont pris la tête. Oui, parce que quand on décide de passer la nuit avec quelqu’un, ce sont bien sûr les critères physiques qui priment, je m’en fiche de savoir qu’il est très gentil, très cultivé, très attachant. Ah oui, très riche ? Alors par un phénomène de société inexpliqué il se trouve que les très beaux sont rarement intelligents et gentils (et riches). Je me suis vu discuter à quatre heures du matin avec un presque inconnu de drogues (les chimiques ou les naturelles ?) de peine de prison (Jojo va-t-il rentrer pour cinq ou six mois ?).

Mais là, j’en ai rencontré un normal. Un mec pas mal du tout, gentil, loin d’être bête, avec un métier (un vrai, pas en c.d.i chez ManPower) et un amant en béton. Tellement normal qu’au début j’ai pris peur. Mais avec de telles capacités, moi,  je m’amourache, je m’attache à un homme stable, moi qui croyais être reléguée aux cas sociaux et aux hommes en souffrance. Sauf que l’homme en question, il vient de m’annoncer qu’il part faire de l’humanitaire six mois au Népal, que c’est un voyage nécessaire pour lui pour faire le point. Et soudain, j’ai l’impression d’être prisonnière du destin.

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Barbecue contemporain

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Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout

Les grandes envolées patriotiques n’existent qu’aux Etat Unis, pays particulier s’il en est. Et la Coupe du Monde de football, une fois tout les seize ans, c’est maigre pour soixante millions de personnes. Alors dans ces vingt dernières fabuleuses années qui ont laissé, entre autre, du pétrole sur les plages, le sida et des valeurs familiales en miettes, les gens se sont mis à construire leur propre famille, une qu’on choisit, bien que pas toujours. Des ethnies morales, souvent codifiée par une esthétique (parfois douteuse il est vrai). Sans compter les branches adjacentes, les sous catégories, celles qui se recoupent…Un peu comme les allergies croisées ; un kiwi et un citron, ça fonctionne, mais le même kiwi avec une banane, et voilà que ça gonfle.

Et les pays d’Europe, qui essayent aujourd’hui de construire une patriotisme, « une identité nationale », pour reprendre une expression qui a ralliée des foules, portent en eux plusieurs ethnies, et par là je ne parle pas d’une couleur de peau. Les avancées (là encore, le mot n’est-il pas obsolète ?) économiques  ont crée des catégories sociales qui se mélangent difficilement entre elles, et la mondialisation (des cultures) a fait découvrir des modes de vie, des traditions que nous avons adapté à notre milieu. C’est comme ça que certaines personnes se sentent profondément bouddhiste, avec leur tapis de yoga Décathlon, et vont sereinement (cqfd) aller voter pour un parti d’extrême droite, puisque la mixité c’est bien, mais surtout dans les salades d’été.

Certains chercheurs ont parlé dernièrement d’une ‘unité des peuples’, entendez que les ethnies ont eu les mêmes pratiques sociales (masques, dieu-x, profane/sacré, drogues…), la même évolution quelle que soit les régions du monde qui ont contextualisés (oulà, un mot compliqué, gardez votre sang-froid) leurs traditions.

Cela dit, quand je me retourne pour regarder l’histoire du XX° siècle, le terme d’‘unité des peuples’ me semble obsolète ; il s’agirait plutôt d’une unité des milices.

Manger cinq fruits et légumes par jour, nous recommande la Santé publique, mais Madame, j’avale déjà les couleuvres de l’Etat, faudrait pas non plus me prendre pour une pêche.

Pendant une certaine crise alimentaire, ou les vaches au lieu de regarder les trains montaient dedans (le devoir de mémoire, hein), s’est doucement effacé des consciences pour laisser naitre l’année d’après une mode frénétique sur tout les objets ‘vaches’. Du cendrier au porte savon en passant par les rideaux et les chaussures, le marketing s’est lancé au secours du pauvre animal qui causait bien des problèmes à nos tendres agriculteurs. Comme un message subliminal pour survivre au quotidien, les ‘peaux de vaches’ nous ont ramené à nos racines d’éleveurs -cueilleurs, à des douceurs champêtres. Il me semble pourtant qu’un abattoir de bovin n’a rien de buccolique.

Toutes ces configurations sociales, c’est un peu comme une vinaigrette, huile ou mayo, allégée ou non, poivrée ou aux herbes…Et toujours pour celui qui est en bout de table, le même problème ; il n’y a plus que du vinaigre, et la salade, ça lui refile des ballonnements.

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02 septembre 2007

La Chronique des Aigris

Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout

Avec lui, ça a été nuits d’ivresses. J’avais des sensations incroyables dans le ventre, ça me retournait les tripes. J’ai cru que c’était lui, sa présence, ou son fantastique sex appeal. En fait c’était l’alcool. Maintenant, je sais qu’après un litre de rhum, on tombe plus facilement amoureuse. De n’importe qui.  Je lui ai dit que j’avais l’impression qu’il m’emmenait très haut, au septième ciel, par exemple, et qu’ensuite sans prévenir, il me lâchait pour me voir tomber. Amoureuse. C’était le coup de foudre, sans la foudre, et toute seule. Autant en emporte le mistral. Avec ses grands élans de morales, avec ses tendances faussement suicidaires, je lui aurais bien passé la corde au cou.

Mais quand moi je lui aurai bien roulé des pelles, il m’a donné un râteau. J’ai remis ma veste, je lui ai offert une tarte ; nous entretenons des relations diplomatiques tendues. Quand je lui ai dit « Essaye-moi », il ne m’a pas offert des perles de pluies venues de pays ou il ne pleut pas, il est sorti avec mon contraire absolu. Ce genre de choses, ça annihile méthodiquement vingt trois longues et laborieuses années de  construction de soi.

« En cas d’urgence, prenez le marteau et brisez moi le cœur. » La situation ne me semblait pourtant pas si urgente. Alors maintenant, mes yeux suintent, mes glandes lacrymales lacryment, et les amis consolent. Il y a deux camps, les vrais amis, qui me mentent, et j’aime ça, en me disant que c’est un con, et elle aussi, et les autres, qui me disent que ça va passer, qu’elle est quand meme super cool, cette fille, que c’est un problème d’interprétation de ma part. Excusez-moi, mais quand un garçon embrasse spontanément une fille qui n’a rien demandé, ou lui dit qu’elle est assez folle pour lui plaire, je ne cherche pas à traduire qu’il est mal en ce moment, qu’il est mâle et cherche à se rassurer, qu’il avait besoin de tendresse. Moi je comprends qu’on s’entend super, que je le dégoûte pas non plus, et  que si il était trop seul, il avait qu’à s’acheter un chien…

Qui vient de me traiter de chienne ?!!...

Je sais maintenant qu’il faut passer à autre chose, et qu’il existe des hommes toxiques, des amants dangereux pour la santé, des  rêveurs sexy névrosés des sentiments, et peut être qu’un beau jour, ou peut être une nuit, eux aussi, pour la santé de tous, seront interdits dans les lieux publics.

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30 août 2007

La Chronique des Aigris

Pour ceux qui ratent tout

Par celle qui rate tout, Hilde.

Quand j’avais quinze ans, je voulais faire un apprentissage dans l’artisanat d’art ; un BEP. Pour mes parents, un BEP est une contraction de ‘bête enfant à problème’, il était hors de question que leur fille n’ai pas le BAC (‘bon adulte cultivé’).

Il y a cinq ans, j’ai eu mon bac. Je suis  la preuve vivante que le bac est un sésame obsolète, puisque je l’ai eu au rattrapage, avec les oraux, à plus ou moins huit de moyenne.

J’ai toujours eu un problème avec l’autorité. Sur les cinq mois de cours de l’année de terminale, j’ai du y aller un mois. Je n’allais qu’en philo et en arts. J’ai toujours du mal à situer Picasso et je n’ai toujours pas compris de quoi parlais Rousseau. Jusqu’à il y a peu, j’étais sûre que Sartre, c’était un genre de petit animal à fourrure, comme la martre.

Quand mes amis l’ont eu, le bac, leurs parents leurs ont offert le permis, une voiture, un voyage, bref, un cadeau conséquent qui marque la fin d’une époque. Les miens ont fait grillés trois merguez dans le jardin, comme chaque été, puisqu’il était tout à fait normal de passer son bac, encore plus de l’avoir. On m’a toujours dit que les études apportaient un bon métier, une sécurité financière, un avenir.

Alors ça a été les Beaux Arts.

Les parents, qui ne savaient pas où il envoyait leur fille, se sont enthousiasmés d’études très culturelles, et me voyait déjà, diplôme en main, décorer l’Opéra de Paris et conservateur au Louvre. Ils n’ont pas vu à l’inscription les options obligatoires « apéro » et « barbecue ».

Après cinq ans d’études, toujours pas de diplôme, et la lente prise de conscience d’un non-avenir, social & professionnel, et des parents frémissants à l’idée d’avoir leur fille étudiante et à charge jusqu’à quarante ans.

On dit souvent que les enfants sont ingrats ; c’est parce qu’ils prennent exemple sur leurs parents.

L’autre jour, ils m’ont dit, à propos d’un ami à moi qui avait fait un BEP jardins ;

« Tu as vu, Machin, il a ouvert son entreprise de jardinage, il gagne bien sa vie, ET il a ton age ! Il s’est bien débrouillé, LUI. »

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